La fraude constitue aujourd'hui l'une des menaces les plus durables et onéreuses pour les entreprises modernes. En dépit des progrès technologiques et du renforcement des dispositifs de contrôle, ce fléau persiste et s'adapte continuellement.
Cette menace revêt de multiples visages : d'un côté, la fraude interne, orchestrée par des collaborateurs ou des dirigeants ; de l'autre, la fraude externe, perpétrée par des acteurs malveillants tels que de faux fournisseurs ou des cybercriminels.
L'étude mondiale de PwC (Global Economic Crime Survey 2024) révèle qu'au niveau planétaire, 41 % des entreprises ont subi une fraude durant les deux dernières années. Cette moyenne masque toutefois d'importantes variations géographiques : 59 % en Inde et 29 % en Europe centrale et orientale¹. Ces données confirment le caractère universel de la fraude, dont l'impact varie selon les spécificités régionales.
L'Association of Certified Fraud Examiners (ACFE), dans son Report to the Nations 2024, estime que les organisations perdent en moyenne 5 % de leurs revenus annuels à cause de la fraude². Rapporté au produit intérieur brut mondial (≈ 105 000 Md $ en 2023³), cela représente environ 5 250 milliards de dollars par an – soit plus que le PIB du Japon (≈ 4 200 Md $ en 2023)⁴.
L’édition 2024 de l’ACFE révèle aussi :
En France, le baromètre Allianz Trade / DFCG 2022 indiquait que près de 7 entreprises sur 10 avaient subi au moins une tentative de fraude au cours de l’année écoulée⁵ – une tendance confirmée depuis par les retours du marché.
La fraude présente un double visage, et se décline en deux grandes catégories complémentaires :
Cette distinction est essentielle, car les mécanismes de prévention et de détection diffèrent sensiblement selon le type de fraude.
En 2024, le détournement d’actifs demeure le type de fraude le plus fréquent, concentrant près de 9 cas sur 10 en 2024². Avec un préjudice médian de 120 000 dollars par incident², cette pratique illustre parfaitement la fraude interne : détournements de liquidités, falsification de notes de frais, création de fournisseurs fantômes ou validation de paiements illégitimes.
Si cette fraude reste la plus répandue, c'est qu'elle exploite les failles du quotidien opérationnel, là où les contrôles sont parfois moins rigoureux.
La corruption s'immisce dans près de la moitié des affaires recensées par l'ACFE². Parallèlement, la fraude aux achats illustre parfaitement la porosité entre menaces internes et externes : elle naît souvent de la complicité entre collaborateurs internes et partenaires extérieurs malveillants (fournisseurs fictifs, gonflements tarifaires).
Cette problématique préoccupe particulièrement certaines régions : 1 dirigeant indien sur 2 l'identifie comme son risque prioritaire, contre 3 sur 10 à l'échelle mondiale¹. L'Europe centrale et orientale partage cette inquiétude, avec 52 % des dirigeants qui la placent en tête de leurs préoccupations¹.
Bien qu'elle ne représente que 5 % des cas en 2024², la falsification des états financiers pulvérise tous les records en termes de coût : 766 000 dollars de perte médiane par affaire².
Cette fraude interne par excellence résulte généralement de pressions économiques poussant à maquiller la réalité financière. Ses conséquences dépassent largement le seul aspect financier : sanctions réglementaires, crises de réputation et scandales médiatiques accompagnent invariablement ces affaires.
Selon l’ACFE 2024² :
Cette hiérarchie reflète l’accès différencié aux ressources et aux systèmes de contrôle. Plus on monte dans la hiérarchie, plus la fraude interne peut avoir un impact financier considérable.
Le baromètre Allianz Trade / DFCG (2022)⁵ montrait que les techniques les plus répandues relevaient plutôt de la fraude externe :
Qu’elle soit interne ou externe, la fraude fragilise les organisations sur plusieurs dimensions :
L’ACFE 2024² confirme que :
Le délai médian de détection est fortement réduit dans les organisations disposant d’une hotline ou d’un mécanisme de signalement : 12 mois avec hotline contre 24 mois sans hotline².
La complexité croissante des schémas frauduleux impose une réponse technologique.
Supervizor s’inscrit dans cette logique en intégrant plus de 350 contrôles automatisés sur les transactions financières.
Cette approche proactive réduit les délais de détection et libère les équipes de tâches répétitives pour se concentrer sur l’analyse et la gestion des risques.
La fraude en entreprise reste un défi majeur. Mais les organisations qui investissent dans des mécanismes robustes – culture d’entreprise intègre, formation, canaux de signalement, contrôles automatisés – parviennent à réduire significativement leur exposition.
Dans un contexte où les fraudeurs innovent sans cesse, la prévention et la détection proactive doivent être considérées comme un investissement stratégique, et non comme un simple coût.